Economie cognitive et modélisation des dynamiques culturelles

La sociologie (néo-)structurale a depuis longtemps mis en évidence l’importance de la formation et du rôle de structures intermédiaires entre le niveau micro et le niveau macro pour la compréhension de nos sociétés. Ces structures ont été modélisées avec des formalismes comme le block modelling  ou les réseaux multi-niveaux. La question de la co-évolution des identités et des groupes sociaux est par ailleurs un débat sociologique majeur  : les individus par leurs interactions forment des réseaux en choisissant d’après leurs préférences de créer, de défaire des liens ou de s’affilier à des groupes ; ces liens et ces affiliations, par les interactions qu’ils permettent, sont vecteurs de la modification des préférences, croyances et représentations des individus via des processus d’influence sociale.

L’opposition entre les approches holistes de la sociologie et l’individualisme méthodologique prôné par l’économie pourrait paraître caricaturale de nos jours, les frontières entre ces deux disciplines étant devenues relativement perméables. Néanmoins, sauf pour un ensemble extrêmement minoritaire de chercheurs, les entreprises de modélisations tendent à adopter l’une ou l’autre des ces approches.

Mes travaux dans ce domaine ont pour objectifs de contribuer à la proposition d’un point de vue intermédiaire prenant en compte la co-construction des individus et du collectif, formalisant l’articulation entre comportements individuels et comportements collectifs, entre le niveau macro et le niveau micro, explicitant si besoin des structures meso. Il s’agit de modéliser le couplage entre l’évolution des structures sociales, la formations des réseaux socio-économiques, et des identités des agents pris au sens large (formation des préférences, des représentations, des traits culturels, etc.). Les couplage de ces deux types de processus forment conjointement ce que l’on peut appeler cognition sociale.

Ces recherches s’inscrivent dans le cadre de la micro-économie cognitive, de la psychologie et de la sociologie.

Pour aller plus loin

Slides : « Au-delà des réverbères de l’économie : une modélisation de la cognition sociale», présentation X-SHS, 26 janvier 2017

 Sélection d’articles :

  • Chavalarias, D., Batta, E., 2013. Modeling endogenous preferences for heterogeneous agents adressing “the hard part,” in: European Conference on Complex Systems (ECCS’13). Presented at the European Conference on Complex Systems, Barcelona.
  • Chavalarias, D., 2012. When preferences heterogeneity and agents types become endogenous: the example of metamimetic games. Presented at the 17th Annual Workshop on Economic Heterogeneous Interacting Agents (WEHIA), Paris.
  • Chavalarias, D., 2009. Désir mimétique et imitation rationnelle. Vers un individualisme méthodologique complexe, in: Anspach, M.R., Centre culturel international de Cerisy-la-Salle (Eds.), Jean-Pierre Dupuy, dans l’œil du cyclone: colloque de Cerisy. Carnets nord, Paris.
  • Chavalarias, D., 2007. La part mimétique des dynamiques de cognition sociale : clé pour penser l’auto-transformation du social. Nouvelles Perspectives en Sciences Sociales.
  • Chavalarias, D., 2007. L’articulation individu/collectif dans les sciences des systèmes complexes : quels apports pour la sociologie ? Sociétés.
  • Chavalarias, D., 2006. Metamimetic Games: Modeling Metadynamics in Social Cognition. Journal of Artificial Societies and Social Simulation 9, 5.
  • Chavalarias, D., 2004. Metadynamiques en cognition sociale – Quelle définition de meilleure est la meilleure ? Ecole Polytechnique, Paris.