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SON:S, est un réseau thématique pluridisciplinaire (RTP) lancé en 2019 par l’Institut des sciences humaines et sociales (inSHS) du CNRS, et coordonné par Karine Le Bail, historienne au Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL, EHESS-CNRS). Avec la collaboration de l’ISC-PIF, SON:S propose, entre autres, de connecter les acteurs et actrices de la communauté du son et de l’écoute en créant une visualisation relationnelle et interactive.

Ouvrir un espace d’expérimentation collaboratif inédit

La réflexivité qu’induit toute recherche sur les phénomènes sonores ouvre un espace d’expérimentation inédit, où peuvent être amenés à dialoguer chercheurs et artistes qui manipulent les objets sonores et interrogent les modalités de l’écoute — musicien(ne)s, comédien(ne)s, plasticien(ne)s, poètes sonores, designers sonores (sound designers), etc. — ainsi que différents corps de métiers spécialisés dans le son — ingénieur(e) s du son, acousticien(ne)s, etc. La spécificité et l’originalité du réseau de recherche et créations SON:S réside dans la mise en présence de ces différentes communautés scientifiques et artistiques, à travers des programmes transdisciplinaires et la réalisation d’une cartographie.

L’objectif de SON:S est de connecter de manière inédite les équipes et laboratoires ayant le son et l’écoute pour principal territoire de recherche. Et ainsi de provoquer des situations d’échanges et d’interactions originales visant à encourager la construction de programmes de travail collectifs et faire émerger une communauté d’attention. Il vise à connecter une communauté en sciences humaines et sociales (SHS), en particulier les laboratoires affiliés à l’inSHS, mais également au delà en ayant pour objectif de créer des liens et collaborations autour du son avec les autres instituts du CNRS dans les domaines de la biologie (INSB), environnement (INEE), ingénierie et systèmes (INSIS), mathématiques (INSMI), physique (INP), sciences  de l’information (INS2I), et sciences de l’univers (INSU).

Des projets de recherche à la croisée entre la recherche-création et les humanités numériques

Le réseau SON:S porte actuellement trois projets qui s’inscrivent dans une démarche recherche et création. 

Le projet Royaumont re:Sounding, mobilise plusieurs équipes de recherches. Son objectif principal, en partenariat avec la Fondation Royaumont, est de créer une reconstitution numérique du son de l’abbatiale cistercienne de Royaumont, détruite au lendemain de la Révolution française en 1792. Plus largement il interroge les pratiques de simulation en sciences humaines et sociales et notamment en architecture. Royaumont re:Sounding engage ainsi un dialogue original entre, d’une part, des chercheurs de sciences humaines et sociales – historiens, historiens d’art et d’architecture, musicologues, etc. –, des spécialistes d’archéacoustique, d’acoustique physique et de spatialisation sonore, et, d’autre part, des architectes, des plasticiens, des compositeurs ou encore des interprètes travaillant depuis longtemps avec des dispositifs de sonorisation 3D. Ce projet va bénéficier du dispositif Equipe internationale triennale (EIR) de l’EHESS jusqu’à 2023 ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de développement avec des chercheuses et chercheurs internationaux.

Le projet Le théâtre comme scène pour l’oreille, en partenariat avec le Théâtre National de Bretagne (TNB), entend relever le défi d’articuler création radiophonique, texte littéraire original, et recherche scientifique. D’un même texte inédit commandé au poète et romancier Olivier Cadiot, les étudiants du TNB réaliseront quatre adaptations radiophoniques selon quatre dispositifs sonores. Le projet, actuellement en production est lauréat de lauréat de l’appel « Recherche en théâtre et arts associés » du ministère de la Culture. Le plus beau son du monde, a quant à lui été conçu par quatre compositeurs et un musicologue-ethnographe et puise dans une multitude d’expériences d’écoute singulières, récoltés sous formes d’entretiens, pour élaborer un objet hybride entre documentaire radiophonique et composition musicale.

Cartographier la communauté de recherche SON:S avec les outils ISC-PIF

L’Institut des Systèmes Complexes de Paris IdF (ISC-PIF) collabore avec SON:S dans le cadre d’un projet visant à connecter les acteurs et actrices de la communauté du son et de l’écoute en créant une visualisation relationnelle et interactive grâce à l’outil Gargantext.

« Faire réseau » autour du son implique, une entreprise d’identification — qui prendra la forme d’une cartographie dynamique et relationnelle des différents laboratoires et des équipements dédiés au son. Le réseau SON:S s’appuie sur des outils de cartographie de connaissances et d’apprentissage automatique (machine learning) mis en place par l’ISC-PIF, parmi les plus récents, pour effectuer une cartographie relationnelle et interactive. L’objectif est de mettre à la disposition du public un atlas dynamique fonctionnant comme un ouvroir de cartes potentielles – celles-ci révélant les liens, parfois imperceptibles, qui traversent la large communauté de recherche SON:S.

Cette visualisation peut potentiellement nous permettre de faire émerger de nouvelles collaborations scientifiques autour de concepts et de projets de recherche. L’ensemble des instituts du CNRS sont concernés par des problématiques de recherche liées au son, dans des domaines aussi variés que l’archéo-acoustique, la philosophie, l’astrophysique, la bioacoustique ou encore la psychologie cognitive, impliquant ainsi de nombreux acteurs et actrices du monde de la recherche.

Une diffusion de ces cartes auprès des publics pourrait être envisagée lors d’événements scientifiques, de formations au doctorantes et doctorants, aux étudiantes et étudiants en master, autour d’expositions proposant un dispositif d’écoute, ou bien lors d’initiatives de médiation scientifique par l’image et le son.

Site Web : https://sons.cnrs.fr/

Twitter : @ReseauSons

Contact :
Karine Le Bail
Chargée de recherche CNRS, Centre de recherches sur les arts et le langage
karine.le-bail_at_ehess.fr

21 au 26 juin 2020 une école thématique CNRS intitulée ” Sciences de l’Information Géographique Reproductibles ” (https://sigr2020.sciencesconf.org/).

L’école thématique vise à répondre aux problématiques de production, publication, diffusion ou valorisation de traitements de données géographiques dans une démarche de recherche reproductible.

En identifiant les principales avancées conceptuelles, méthodologiques et techniques du domaine via un focus sur les méthodes de traitement de l’information géographique, cette école permettra aux participants de s’initier à la mise en œuvre de protocoles de recherche ouverts et transparents avec le logiciel libre R.

La formation s’articulera autour de cours magistraux, de séances de travail et de sessions de présentations (chaque participant.e fera un court exposé des enjeux de reproductibilité de l’analyse de l’information géographique auxquels il/elle fait face dans le cadre de ses recherches).

Grands axes de l’école thématique

  • Les méthodes d’analyse reproductibles et les concepts utiles à leur mise en place;
  • Les géotraitements et la cartographie statistique;
  • L’analyse spatiale;
  • L’analyse d’image raster et la télédétection.

Informations pratiques

  • À l’exception d’un cours et d’un atelier en anglais, l’ensemble de l’école thématique sera en français.
  • L’école thématique se tiendra du dimanche 21 au vendredi 26 juin 2020 à Saint-Pierre d’Oléron dans le centre de la Vielle Perrotine du CNRS.
  • La formation (ateliers + conférences + hébergement + repas) est gratuite pour les participants salariés du CNRS (ingénieurs ou chercheurs). Son coût est de 450€ (250€ pour les doctorants) pour les participants hors CNRS (universités et autres établissements). Les frais de transport ne sont pas compris.

Candidature

Cette école est ouverte sur candidature aux chercheurs, enseignants chercheurs, ingénieurs d’étude et de recherche, doctorants, post-doctorants, français ou étrangers.

Les prérequis sont une connaissance des méthodes et concepts du traitement de l’information géographique ou une aisance préalable dans la manipulation et le traitement de données numériques.

L’école n’étant pas conçue comme une introduction à la programmation avec R, les candidat.e.s n’ayant aucune connaissance de R ou d’un autre langage de programmation ne seront pas acceptés. En revanche le niveau d’aisance en R n’est pas un critère de sélection.

Pour participer à cette école thématique, merci de bien vouloir transmettre à l’adresse sigr2020@sciencesconf.org avant le 29 février :

  • un court CV (utiliser le modèle suivant https://sigr2020.sciencesconf.org/data/CV_SIGR.odt)
  • un exposé des enjeux de reproductibilité de l’analyse de l’information géographique auxquels il/elle fait face dans le cadre de ses recherches (une page maximum). Cette présentation permettra d’organiser les sessions d’exposés et devra être illustrée par une image (indiquez les sources de l’image).

Plus d’informations sur le site de l’école thématique : https://sigr2020.sciencesconf.org/