L’Institut des Systèmes Complexes de Paris IdF travaille en collaboration avec des chercheurs de ‘Université de Tokyo sur la conception d’un système de traçabilité mobile pour des réseaux d’approvisionnement alimentaire durables. Cette collaboration à récemment fait l’objet d’un article dans Nature : « Mobile-based traceability system for sustainable food supply networks ».

Suite aux différents crises sanitaires qui ont secoué le monde alimentaire ces dernières années, les consommateurs se soucient de plus en plus de l’origine des produits qu’ils achètent.  Des systèmes officiels de certification des denrées alimentaires existent dans de nombreux pays, mais celles-ci font souvent l’objet de fraudes, et les coûts de mise en œuvre élevés freinent leur implémentation par les expert.

Dans un article paru le 2 novembre dans Nature Food, des chercheurs de l’université de Tokyo et de l’Institut des Systèmes Complexes de Paris IdF (CNRS) présentent un système de traçage bidirectionnel mobile pour les produits alimentaires qui intègre des données graphiques et une architecture peer-to-peer. Leur objectif est de proposer une application mobile de traçabilité des aliments qui soit bon marché pour les petits exploitants agricoles, facile d’utilisation pour les consommateurs.

Concrètement, ce système recueille les informations relatives au produit via un QR code qui est scanné à toutes les étapes des transactions, de la production jusqu’à la distribution. L’application a été conçue avec un logiciel libre et repose sur une technologie Peer-to-Peer (P2P), ce qui signifie que les modifications ne sont pas contrôlées par un serveur centralisé, et que le stockage des données est réparti entre les appareils de chaque utilisateur.

Fig. 3 | System operation and database content

Fig. 3 | System operation and database content

La structure décentralisée et flexible du système favorise la participation des parties prenantes et est applicable à des réseaux alimentaires variés et dynamiques. En favorisant l’efficacité des ressources et la transparence de l’origine, de la production et de la distribution, le système assure une surveillance par maillage et met en lumière les réseaux alimentaires complexes, contribuant ainsi à l’avancement de la recherche alimentaire.

Publication

Kaiyuan Lin, David Chavalarias, Maziyar Panahi, Tsaiching Yeh, Kazuhiro Takimoto, Masaru Mizoguchi, “Mobile-based traceability system for sustainable food supply networks,” Nature Food: November 2, 2020, doi:10.1038/s43016-020-00163-y.

Auteurs

  • Kaiyuan Lin, Laboratory of Agro-informatics, Graduate School of Agricultural and Life Sciences, The University of Tokyo, Bunkyo City, Tokyo, Japan, Complex Systems Institute of Paris Île-de-France, CNRS, Paris, France
  • David Chavalarias, Complex Systems Institute of Paris Île-de-France, CNRS, Director
  • Maziyar Panahi, Complex Systems Institute of Paris Île-de-France, CNRS, Senior Engineer
  • Tsaiching Yeh, Independent researcher, Taipei, Taiwan
  • Kazuhiro Takimoto, Independent researcher, Tokyo, Japan
  • Masaru Mizoguchi, Laboratory of Agro-informatics, Graduate School of Agricultural and Life Sciences, The University of Tokyo, Bunkyo City, Tokyo, Japan

Abstract

Traceability is key to ensure food quality and safety from farm to fork, yet high implementation costs and the complexity of the food supply chain pose challenges to its operationalization. This research proposes a mobile-based bi-directional tracing system for food products that integrates graphic database and pear-to-pear (P2P) architecture. The system allows for data synchronization to happen seamlessly between all connected nodes by default, since data is gathered through market transactions and all related information of products is concatenated via scanning products’ 2D barcodes. The system’s decentralized and flexible structure favors bottom-up synergy among stakeholders and is applicable to various and dynamic food networks. This network can reduce the information disconnect seen in conventional traceability systems while facilitating product management and enhancing product value along the food supply chain. In response to the increasing demand for supply chain transparency, the proposed system could become an efficient traceability tool accessible by consumers and producers. Ensuring traceability ultimately means giving people back their rights to product information. Besides promoting resource efficiency and transparency of origin, production and distribution, the system can mesh surveillance and shed light on complex food networks, ultimately contributing to the advancement of food research.

Pourquoi une consultation sur les propositions de la Convention Citoyenne sur le Climat ?

La Convention citoyenne pour le climat est une expérience démocratique inédite tant sur la forme que sur le fond. 150 citoyennes et citoyens tirés au sort ont formulé près de 150 propositions de natures législatives et constitutionnelles. Ils l’ont fait sur la base d’un mandat leur demandant de définir une série de propositions permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 en France (par rapport à 1990), dans un esprit de justice sociale.

Mais comment évaluer l’acceptabilité ou les priorités des 44 millions d’électeurs français vis-à-vis des 149 propositions de la Convention Citoyenne ? Aucun mode de consultation ou de scrutin actuellement en vigueur ne peux répondre à un tel défi, et beaucoup penserons qu’il est impossible qu’une population s’exprime sur autant de propositions.

Dans le prolongement de cette expérience inédite de la Convention Citoyenne pour le Climat, la consultation Voter Pour le Climat répond précisément à ce défi en apportant la preuve de concept d’un processus de consultation démocratique adapté à cette situation.

Qu’est ce que le Jugement Majoritaire?

Le Jugement Majoritaire est une nouvelle méthode de vote inventée par Rida Laraki et Michel Balinski, chercheurs au CNRS. L’électeur·rice vote en donnant son opinion sur tou·te·s les candidat·e·s ou propositions, à partir d’une échelle commune de mentions allant d’ “Excellent” à “À rejeter” (ex. Excellent, Très bien, Bien, Assez bien, Passable, Insuffisant, À rejeter). Le ou la vainqueur·e de l’élection est celui ou celle qui est le/la mieux évalué·e par une majorité. Le Jugement majoritaire règle le problème du vote utile et rend obsolète le vote blanc.

La consultation

La consultation Voter Pour le Climat s’est déroulée du ‪mardi 23 juin au lundi 13 juillet‬. Plus de 26 000 participants répartis sur toute la France et de toutes les classes d’âge ont exprimé 1,6 million d’avis, témoignant ainsi de l’enthousiasme des français pour cette nouvelle forme de participation démocratique, plus expressive ; et donnant une première mesure du soutien accordé aux propositions de la Convention en vue de leur traduction dans la loi.

Les chiffres clés

  • Plus de 26.000 participants,
  • Plus de 1,6 millions d’avis exprimés,
  • Des citoyens qui prennent le temps d’évaluer en moyenne plus de 60 propositions par personne,
  • Un fort taux d’approbation. Toutes les propositions ont recueilli plus de 50% de ‘bien’ ou plus ; plus de 88% ont recueilli une majorité de ‘excellente’, l’évaluation la plus haute.
  • Toutes les classes d’âges sont représentées avec un âge médian de 37 ans (contre 41 pour la France)
  • Distribution territoriale des participants : La distribution territoriale des participants montre que 5273 votants sont en Ile de France dont 2344 à Paris ; 483 à Marseille ; 1037 à Lyon ; 550 à Toulouse et 190 à Nice. 10.162 participants habitent dans des communes de moins de 10.000 habitants.
  • une participation composée à 44% de femmes et 56% d’hommes (estimation sur une base déclarative),
  • 20 organismes partenaires

Les résultats

Découvrez résultats de la consultation avec le classement des propositions sur la période du 23/06 au 14/07 sur le site de la consultation

Un rapport synthétique des résultats est également disponible au format PDF.

Un rapport détaillé des résultats est disponible en ligne.

Premières analyses

Chacune des 149 propositions a reçu au moins 7 500 avis. Pour chacune des propositions, un «profil de mérite» est constitué avec la répartition en pourcentage des avis reçus, du meilleur (‘Excellent’) au plus mauvais (‘À rejeter’).

Les 149 propositions de la Convention citoyenne pour le climat reçoivent un fort taux de soutien.
Même les propositions en bas du classement recueillent une large approbation avecau minimum 50% de mentions‘bien’ ou supérieures. Les propositions les mieux classées sont toujours évaluées comme ‘Excellentes’ par plus de la moitié des votants.

La proposition la plus soutenue par les participants – elle se classe 1ère sur 149 – est une proposition du thème « Consommer » suggérant de faire respecter la loi sur l’interdiction de l’obsolescence programmée. Cette proposition est jugée « excellente » par 84.4% des 13 258 avis exprimés.

La proposition la moins soutenue par les participants est une proposition du thème « Se déplacer » suggérant de réduire la vitesse sur autoroute à 110 km/h maximum. Cette proposition est jugée « à rejeter » par 20,2% des 11 707 avis exprimés même si plus de 50% des votants la juge « Bien » ou « Excellent ».

Les résultats détaillés sont accessibles sur: https://resultats.voterpourleclimat.com/

Voter pour le Climat est une initiative apolitique, portée par un réseau d’organisations citoyennes en partenariat avec le CNRS (dont est issu le jugement majoritaire) : Mieux Voter, On est prêt, Le Vent se Lève, Le Réseau Action Climat, Citoyen pour le climat, Climates et la COP2 Étudiante.

La cartographie des mesures de la Convention Citoyenne pour le climat est maintenant connectée avec l’initiative “Voter pour le climat”. Explorez les mesures directement sur Gargantext avant de voter! 

La Convention Citoyenne pour le Climat (CCC) a dévoilé jeudi 18 juin ses 150 propositions pour répondre à l’urgence climatique. Logement, consommation, institutions, agriculture, numérique, les 150 membres de la Convention proposent des changements à tous les niveaux. Cette carte interactive crée avec l’outil Gargantext par l’ISC-PIF permet de naviguer entre les propositions et de voir quels liens elles peuvent entretenir.

Comment lire la carte ?

Cette carte identifie les principaux termes de vocabulaire des propositions de la CCC et établit les relations lexicales existantes entre ces propositions. Deux termes sont liés s’ils ont été mis en relation par le CCC autour d’une problématique donnée.

Cela permet d’identifier les principaux thèmes de ces propositions (similaires aux grandes thématiques proposées par la CCC) et de voir leur articulation.

En savoir plus

La liste des mesures utilisées pour établir ces cartes sont disponibles au format csv.

Les formules mathématique des mesures de proximité utilisées se trouve dans la documentation de Gargantext

Ces cartes ont été réalisées en utilisant Gargantext le 20 juin 2020.

La méthodologie est décrite ici

eX Modelo – 2 ème édition – est une école de recherche sur l’exploration des modèles de simulation (analyse de sensibilité, calibration, validation, etc.) qui se tiendra du 25 au 29 mai 2020 dans un cadre champêtre à 1h de Paris.

Cette école thématique s’adresse aux masters, doctorant·e·s, ingénieur·e·s, chercheur·euse·s académiques et entreprises qui s’intéressent à la modélisation, quel que soit leur domaine scientifique. L’objectif est d’apprendre aux participant·e·s à devenir autonomes dans l’exploration de leurs modèles, dans un contexte convivial.

Les cours, TP et retours d’expériences seront animés par un réseau de chercheur·euse·s qui ont une expertise reconnue dans ces pratiques transdisciplinaires.

Pendant cette semaine de formation, vous découvrirez pas à pas des méthodes avancées pour l’exploration des modèles, vous recevrez un enseignement théorique et vous participerez à des ateliers pratiques en groupe portant sur des cas d’étude adaptés.

La plateforme OpenMOLE (https://openmole.org), spécialement dédiée à l’exploration de modèles numériques, sera utilisée tout au long de la semaine pour faciliter la compréhension et la mise en œuvre des cas pratiques.

À vos agendas!

  • Soumission des candidatures avant le : 15 Janvier 2020
  • Sélections des dossiers : 5 Février 2020
  • Paiement avant le : 28 Février 2020
  • Participation à l’école d’été : du 25 au 29 Mai 2020

L’ensemble des informations est disponible sur le site https://exmodelo.org/

Pour toute demande d’information vous pouvez nous envoyer un mail à school@exmodelo.org.

À très bientôt !
L’équipe d’organisation

PS: Pour les curieux, une école thématique baptisée eX Modelo suggère d’aller au-delà du modèle.

Le Forum des NIMS, à destination des chercheurs, étudiants et professionnels de la médiation et de la communication scientifique, vise à éclairer les pratiques nouvelles et innovantes en la matière. L’Incubateur était invité à la 4ème édition, tenu le 13 juin à Grenoble, qui s’intéresse à la médiation par la narration immersive et interactive.

POURQUOI NOS PROJETS SONT INNOVANTS ?

La participation au forum des NIMS a permis aux cinq groupes de l’Incubateur de partager avec les professionnels de la culture scientifique et technique l’avancement de leurs projets de médiation.

Cette journée a également permis aux différents groupes de l’Incubateur de découvrir les autres projets de médiation présentés tout au long de la journée et qui, au même titre de l’Incubateur, utilisent un format immersif et interactif.

Les sciences en jeu vidéo : médiation scientifique et scénarisation, ce que le game design peut nous apprendre

Les médiateurs.trices scientifiques s’intéressent de plus en plus au contenu scientifique dans les jeux vidéos, ces deux derniers interagissent pour un résultat ludique et instructif. Les chercheurs et les professionnels de la culture scientifique et techniques s’accordent à dire qu’on doit accorder plus de place à la scénarisation du jeu.

Pour nous raconter leurs expériences en médiation scientifique via le game design, le forum de NIMS a fait appel, entre autres intervenants, à Raphaël Granier, Directeur de recherche au CNRS, il travaille au laboratoire Leprince-Ringuet de l’École Polytechnique. Raphaël qui est chercheur en physique des particules et écrivain de science fiction, s’intéresse depuis 2014 à  la diffusion des sciences par le vecteur vidéoludique.

Dans son laboratoire, Raphaël a développé une activité liée aux jeux vidéo et à la réalité virtuelle et il est convaincu que voir des collisions de particules en réalité virtuelle, en volume, permettra de mieux les appréhender. Il dirige la réalisation d’un premier jeu sur la physique des particules, lancé en 2019 par sa Fondation Cassagnac et l’École polytechnique et financé par Ubisoft.

Quand les jeux vidéos sont mêlés à la science c’est une opportunité pour appréhender cette dernière. Au delà du ludisme présent dans les jeux, le contenu scientifique est primordial et il tend de mieux en mieux à traduire une vérité scientifique. Et c’est dans cette lignée que s’inscrit le projet ComplexCité qui a choisi comme support de médiation un web documentaire interactif qui place l’utilisateur dans un jeu de rôles, lui permettant de visualiser l’évolution du système urbain suite à ses choix d’infrastructures.

Le projet ClimarisK intègre le game design dans leur dispositif de médiation qui propose une application de jeu (sur smartphone et tablette) ludique et instructive, où les joueurs sont amenés à prendre des décisions au niveau local, régional ou global pour limiter le dérèglement climatique en cours, lié aux émission massives de gaz à effet de serre.

Le storytelling scientifique : l’art de raconter de belles histoires… sans raconter les mêmes histoires

Certains schémas narratifs parviennent efficacement à capter notre attention lors de conférences ou à la radio. Mais, la narration existe depuis toujours que certains schémas risquent de devenir récurrents. Pour gagner en pertinence, d’autre formats de narration voient le jour, on entend parler de pitchs rapides mais efficaces comme Ma thèse en 180 secondes dont l’invité Ludovic Lecordier, formateur pour M180 et fondateur de Spontanez-vous,  nous a présenté les avantages et les défis. On parle aussi de journalisme scientifique mobile et voyages autour des sciences tel que Science Vagabonde, présenté par Mariana Diaz et Thibaud Sauvageon qui se sont lancés dans un tour du monde afin de rencontrer les différents acteurs du monde des sciences dans toute leur diversité.

Le projet Incubateur Blue DiplomaSEA, se base également sur la construction du discours : le storytelling  représente le point en commun entre ces différentes initiatives, et propose des jeux sérieux destinés aux professionnels et au grand public pour porter à connaissance les enjeux de la protection des écosystèmes en Haute-mer où la biodiversité est très riche mais peu protégée. Ce projet de médiation met en lumière l’importance de la négociation de compromis, face à la complexité de la problématique du développement durable et de la gouvernance en haute mer, dans la perspective de la reconnaissance par la communauté internationale de l’océan en tant que bien commun de l’humanité.

Vu d’ailleurs, un éclairage sur les médiations scientifiques : la scénographie immersive

La scénographie immersive est la nouvelle façon de faire, qui se développe de plus en plus en France, pour découvrir les expositions scientifiques et artistiques. Le forum des NIMS a accueilli en début d’après-midi la scénographe Clémence Farrell, de l’Agence Clémence Farrell qui travaille sur plusieurs projets immersifs en France et outre-manche, pour partager avec nous quelques une de ses expériences.

Parmi les travaux d’exposition immersive de Clémence Farrell : L’Historial de Jeanne d’Arc qui a ouvert ses portes à Rouen en 2015. L’Historial  n’est pas un musée traditionnel d’objets de collection mais un parcours spectacle qui raconte l’incroyable destinée de l’héroïne avec beaucoup d’émotions en faisant appel à la technologie et à l’innovation.

Et parce qu’une image vaut mille mots, découvrons l’exposition immersive  sur l’histoire de la pucelle d’Orléans en images :

© photos agence clémence farrell

Dans nos projets d’Incubateur, deux groupes ont fait le choix de vulgariser les systèmes complexes  à travers des expositions interactives qui invitent les visiteurs à s’approprier l’expo et à interagir avec elle.

La Complexité en Question (s) propose au visiteur de découvrir les différentes règles qui régissent les systèmes complexes à travers une exposition participative et interactive conçue sous la forme d’un labyrinthe et basé sur une série de questions faisant référence à des situations familières. L’expo invite le public à expérimenter concrètement ces situations et lui permet de découvrir les caractéristiques qui définissent les systèmes complexes.

A travers un parcours scénarisé dans plusieurs espaces thématiques, groupe Langage complexe comme Bonjour propose “une expo dont vous êtes le héros”. L’exposition proposée par le groupe aborde les différentes facettes du langage, multiéchelle, plurimodal, transculturel et interdisciplinaire considéré comme étant un système complexe au sens scientifique du terme

Post de blog rédigé par Kawtar Mawas, auditrice au Magister sur la Médiation Socio-Culturelle des Sciences et Techniques en société (CNAM) et stagiaire Communication Scientifique à l’ISC-PIF. 

Du 11 au 17 mars, le monde de la recherche a célébré  la 21e édition de la semaine du cerveau, au cours de laquelle plusieurs manifestations sont organisées dans le but de présenter les dernières avancées de la recherche sur le cerveau. A cette occasion, l’Institut des Systèmes Complexes de paris IdF vous propose de découvrir l’un de ses projets en résidence dédié à la visualisation des données liées au cerveau : LinkRbrain.

LinkRbrain est un projet élaboré dans le cadre d’un équipement d’excellence MATRICE en collaboration avec l’Université Paris 1, l’INSERM et l’Institut des Systèmes Complexes (ISC-PIF). Cette plateforme libre d’accès a été mise en place par Dr Salma Mesmoudi, résidente Ingénieure de recherche en Data Science à l’ISC-PIF et dont les serveurs hébergent en partie les données multi-sources et multi-échelles des connaissances anatomiques, fonctionnelles et génétiques du cerveau, produites par la communauté scientifique.

LinkRbrain, une plateforme dédiée au cerveau humain

LinkRbrain est une plate-forme Web open en libre accès dont l’objectif principal est l’intégration de données à plusieurs échelles et la visualisation des données du cerveau humain. Le progiciel intègre les connaissances anatomiques, fonctionnelles et génétiques produites par la communauté scientifique.

LinkRbrain est un outil pour les médecins et les chercheurs qui le citent très souvent dans leurs publications scientifiques. Mais c’est aussi un outil pour l’individu lambda qui voudrait juste se renseigner. Il est conçu pour être facilement utilisable et que les résultats soient facilement visualisables.

“C’est très important de rendre la science universelle pour le propre développement de la science. Au lieu que les données pourrissent dans les serveurs, elles devraient être exploitables.”

L’OpenSource au coeur du projet

Les mouvements construits autour de la libération des données scientifiques publiques et  de l’open source de l’informatique ont profité à plusieurs chercheurs dans leurs domaines de recherche respectifs, dont le Dr Salma Mesmoudi, porteuse du projet LinkRbrain. Grâce aux données collectées des publications libres, Dr Salma et son équipe ont pu pousser leur analyse autour du cerveau et identifier des réseaux jusque-là non identifiés, en l’occurrence 26 réseaux inconnus ont été révélés.

“En Europe, il y’a obligation de libérer les données après publication, mais c’est pas automatique, les chercheurs ont peur d’être dépassés ou critiqués sur des petites erreurs mal reprises. Quand on est dans un système d’outil libre, il faut vraiment qu’il y ait un modèle économique qui pousse derrière et qui motive les chercheurs. Comme il a été le cas aux Etats Unis. Sinon, les chercheurs n’adhèrent pas beaucoup au mouvement de libérer les données.” S.M

 

LinkRbrain permet aux utilisateurs de visualiser des réseaux fonctionnels et / ou l’expression génétique sur un modèle cérébral standard (MNI152). Les relations entre ces composants basées sur un chevauchement topographique sont affichées à l’aide de graphiques relationnels. De plus, linkRbrain permet de comparer de nouveaux résultats expérimentaux avec des travaux antérieurs publiés.

LinkRbrain

Une deuxième version de l’application devrait bientôt voir le jour, celle-ci inclura également un onglet sur la littérature des troubles du cerveau où il sera désormais possible de retrouver toutes les données impliquées dans le stress post-trauma avec les symptômes.

Par ailleurs, et pour le moment, la collection des données à partir des articles est faite de manière manuelle par les chercheurs qui sont dans les coulisses de LinkRbrain. Dr Mesmoudi affirme qu’une soumission des articles scientifiques par les chercheurs est possible. Pour plus d’informations : salma.mesmoudi@iscpif.fr 


Propos recueillis et post rédigé par Kawtar Mawas, auditrice au Magister sur la Médiation Socio-Culturelle des Sciences et Techniques en société (CNAM) et stagiaire Communication Scientifique à l’ISC-PIF. 

Matières actives et complexité: les oiseaux sont-ils des particules comme les autres?
Julien Tailleur (Laboratoire Matière et Systèmes complexes, Université Paris Diderot-CNRS).

Jeux de billes et effets collectifs : de la cristallisation à l’intelligence collective.
Olivier Dauchot (EC2M, CNRS Gulliver laboratory, ESPCI).

Le Brexit, l’élection de Donald Trump ou encore les primaires françaises ont crée la surprise au sein du monde politique et médiatique qui depuis ne cesse de s’interroger : « pourquoi n’avons-nous rien vu venir? ». Certains·nes analystes accusent l’ “entre-soi idéologique” sur les réseaux sociaux  et pointent du doigt les algorithmes Google ou Facebook conçus pour nous proposer des informations avec lesquelles nous sommes déjà d’accord. Mais ces « bulles de filtres » [1] ne sont peut-être pas les seules responsables de ce phénomène de cloisonnement  : que ce soit dans notre propre environnement social ou médiatique, nous nous confrontons rarement à des opinions adverses.

Parce que le débat d’idées et la remise en question de nos convictions est un élément très important de la démocratie et de la vie citoyenne, des chercheurs CNRS (laboratoires ISC-PIF & CAMS) ont développé dans le cadre du projet Politoscope [2], une application mobile du même nom. Dans la lignée des apps et plateformes  anglo-saxonnes telles que FlipFeed et Blue Feed, Red Feed, l’application Politoscope est la première application française qui vous permet de suivre l’actualité politique dans toute sa diversité et en temps réel à travers ce que disent et relaient plusieurs milliers de personnalités politiques françaises sur Twitter, toutes tendances confondues.

 

  • Agrégateur de plusieurs milliers de comptes Twitter de toutes tendances politiques
  • Information en temps réel et sur plusieurs jours
  • 3 vues chronologiques et thématiques : À La Une, Les Débats, Les Hashtags
  • Disponible en version bêta pour iOs (version pour Android à venir)

 

Avec Politoscope, vous pouvez maintenant naviguer facilement dans les masses de données de la politique française et ses commentaires grâce à des vues chronologiques et thématiques qui s’appuient sur les toutes dernières innovations du CNRS en terme de traitement des masses de données. En plus d’un fil d’actualité politique en continue “à la une”, l’application Politoscope propose de découvrir les groupes de hashtags qui définissent le mieux l’actualité de ces derniers jours (“les hashtags“), ainsi que de suivre la diversité des préoccupations des politiques à partir d’une détection, via analyse automatique de l’ensemble des contenus des tweets, des sujets qui font débats (“les débats“). Tout ceci, en temps réel.

L’application Politoscope fait partie des initiatives “civitech” développées par  l’Institut des Systèmes Complexes de Paris IdF. Voir aussi :

  • Politoscope.org
    Plateforme de recherche pour mieux contextualiser sur le temps long les prises de parole des hommes politiques et permettre d’identifier sur les temps courts les actions collectives visant à déplacer le débat public.
  • #Présidentielles2017
    Plateforme interactive qui met les outils de la recherche à la disposition des citoyens pour analyser les prises de parole des candidats à la présidentielle et de leurs communautés.

Si vous souhaitez nous contacter au sujet des différents outils Politoscope, merci d’écrire à politoscope(at)iscpit.fr 

 

Les différentes plateformes et analyses du Politoscope s’appuient sur la plateforme Multivac de l’ISC-PIF .

 

 

 

 

 

 

 

 

Projets scientifiques participants

 

 

 

 

Références

[1] Eli Pariser, The Filter Bubble: What the Internet Is Hiding from You, Penguin Press (New York, mai 2011)

[2] Gaumont, N., Panahi, M., Chavalarias, D., (forthcoming) Reconstruction of the socio-semantic dynamics of political activist Twitter networks – Method and application to the 2017 French presidential election,  (en pré-print sur Hal Archives ouvertes).