Expliquer et explorer avec l’improvisation théâtrale
Formation
Formation

Cette formation de 8 séances de 3h, vise à donner un premier bagage technique de l’improvisation théâtrale à des chercheurs, ingénieurs ou médiateurs scientifiques. Selon les aspirations des participants, et leurs éventuelles aptitudes artistiques préexistantes, elle peut mener le groupe vers des objectifs de différents niveaux.
La vulgarisation scientifique permet de mettre en lumière des résultats scientifiques (anciens ou récents), d’informer, et d’éduquer des citoyens de tous âges. Elle permet de transmettre un savoir de manière condensée, digeste, voire ludique à un auditoire non nécessairement scientifique, mais qui mérite ou exige une information à jour par des hommes et des femmes dont le métier est de comprendre et d’objectiver le monde.
En Improvisation théâtrale, on construit des histoires à partir de presque rien mais la spontanéité est totale. Cette instantanéité raconte quelque chose de nos trajectoires individuelles (en tant qu’être humain) et collectives. Elle permet de dérouler des histoires qu’on ne connaît pas et qu’on n’avait pas imaginé — ou seulement partiellement —, c’est à dire qu’un scenario ne prend vie qu’a posteriori, une fois le récit terminé et joué. Les improvisateurs professionnels sont rompus aux mécanismes d’écriture d’histoire, aux procédés scéniques expressifs mais ils savent aussi rester parfaitement étranger au contenu même des scènes.
Ils ne projettent jamais a priori le contenu des narrations qu’ils vont jouer. Autrement dit, il maîtrisent parfaitement la forme et se laissent surprendre par un fond émergeant. Cependant ils ne partent pas tout à fait de rien, ils sont mis au défis de raconter une histoire à partir d’un thème donné par le public.
La formation peut aboutir à des outils de différents niveaux de technicité et d’usage : depuis la vulgarisation scientifique jusqu’à l’utilisation en tant qu’objet
de recherche. Un processus sur plusieurs années est envisageable, voire souhaitable, pour le niveau le plus avancé, qui s’apparente dès lors à un objet de
recherche plus qu’à un outil.

Formateur
Lundi 18 Janvier 2027 – 9h30 à 12h30
8 Février 2027 – 9h30 à 12h30
22 Février 2027- 9h30 à 12h30
8 Mars 2027 – 9h30 à 12h30
5 Avril 2027 – 9h30 à 12h30
26 Avril 2027 9h30 à 12h30
24 Mai 2027 9h30 à 12h30
14 Juin 2027 9h30 à 12h30
28 Juin 2027 9h30 à 12h30
Institut des Sytèmes Complexes de Paris IdF
– 113 Rue Nationale
75013 Paris – 1ère étage
L’improvisation théâtrale est communément utilisée comme moteur créatif et itératif pour l’écriture de spectacle. Dans la phase d’écriture, les comédiens ont un cadre, puis ils ont carte blanche pour y faire évoluer une histoire, un récit.
Chaque essai permet de garder les propositions intéressantes et alimentent
progressivement un texte qui sera par la suite figé, puis joué.
Dans un cadre scientifique, ce processus créatif peut mener à l’écriture d’un texte (ou de petites saynètes) et de sa mise en scène dans la perspective d’être joué pour des évènements de vulgarisation. Le processus d’écriture prend forme à partir d’un cadre scientifique pré-établi.
Dans une forme plus élaborée, une scène est improvisée en live devant un public (citoyen ou scientifique selon l’objectif recherché) donnant des éléments de jeu à partir de résultats scientifiques. Cette mouture permet de se nourrir de problématiques instantanées, de permettre l’émergence d’émotions collectives propres au spectacle vivant et à la discussion par la suite avec les parties prenantes de la thématique jouée.
Ici, plus encore que de raconter sous forme décalée un résultat scientifique, l’improvisation devient partie prenant dans la recherche elle même en tant que système contemporain ou comme projection d’un système futur. Ici, une histoire improvisée peut donc être vue comme un système dont les mécanismes sont régis par (1) les conditions initiales (le thème), (2) les vécus personnels des comédiens, (3) les interactions/réactions émergentes des différents comédiens entre eux et (4) le hasard. Elle constitue une réalisation, une évolution possible d’un système qu’on donne à observer. En biaisant volontairement les conditions initiales, on peut faire évoluer un système social selon un prisme, un questionnement scientifique donné. À ce niveau ci, les scientifiques improvisateurs pourraient être secondés de comédiens improvisateurs professionnels, poussant plus loin encore la réunion d’art et science. En faisant jouer ces histoires à des comédiens purs, on prend le risque de passer à côté des enjeux. En faisant jouer ces histoires à des scientifiques purs, au-delà de leur plus grande difficulté à créer des histoires et à incarner des personnages crédibles, on prend le risque d’échouer, par manque d’un lâcher prise indispensable, à emprunter des bifurcations créatrices essentielles à l’exploration sous un jour nouveau de la problématique.
La formation propose un format nouveau au CNRS, puisqu’il s’agit d’un rendez-vous toutes les 3 semaines dans lequel sont abordées, entre autre, les thématiques et outils du comédien improvisateur :
Ces techniques permettront à la fois d’acquérir de l’aisance pour proposer des formats de vulgarisation NIVEAU 1 (présentations théâtralisées, conférences gesticulées, etc) jusqu’au format de recherche scientifique de NIVEAU 3. Au fur et à mesure de la progression dans l’atelier, des mises en situation en contexte scientifique seront proposées.
Mathieu Leclaire :
Ingénieur de Recherche à l’Institut des Systèmes Complexes de Paris et comédien improvisateur.
Il pratique l’improvisation depuis 20 ans, a joué plusieurs centaines de spectacles d’improvisation professionnels et enseigne l’improvisation théâtrale depuis 15 ans. Sa double casquette de comédien improvisateur et Ingénieur de Recherche, rompu à l’enseignement et à la transmission dans les deux disciplines lui permettent de faire plus aisément le pont entre les deux mondes. Si emmener les stagiaires vers les NIVEAU 1 et 2 est une démarche connue pour lui, le NIVEAU 3 constituera pour lui aussi un sujet de recherche et d’expérimentation à part entière.
Il n’y a pas de Prérequis artistique particulier car le profil du public visé est avant tout scientifique. Bien entendu, toute connaissance préalable du monde du théâtre, de la danse, du chant ou d’une autre forme artistique est la bienvenue.
En revanche, motivation et volonté de lâcher prise sont absolument nécessaires !

