MACA – Mapping Autistic Cognitive Abilities

Le projet MACA vise à cartographier les capacités cognitives et perceptives des TSA sur l’ensemble du spectre, en accumulant des données suffisamment vastes pour résoudre statistiquement l’hétérogénéité des présentations.

Nous collecteront des données auprès d’un très large public grâce à une plate-forme de tâches expérimentales en ligne.

La présentation des tâches expérimentales sous forme de jeux vidéos permettra la participation des individus présentant une forme sévère de TSA (soit 45% de cette population, une fraction notoirement sous-étudiée). Cette gamification assurera un bon niveau motivationnel chez les participants, favorisant ainsi des performances optimales, une condition essentielle pour mesurer adéquatement tant les hypercompétences que les déficits.

Enfin, des API insérées dans les outils numériques des individus avec TSA (apps éducatives, jeux vidéos favoris) apporteront des données quotidiennes et écologiques, permettant de caractériser les fluctuations cognitivo-perspectives.

Collaborateurs
  • GameLab, Centre de Recherche Interdisciplinaire (Paris, France, http://cri-paris.org/un-game-lab-cri/)
  • Sage Bionetworks (Seattle, USA, http://sagebase.org/)
  • Laure Kloetzer (Neuchâtel, Suisse, http://laurekloetzer.blogspot.fr/)
  • Roberto Toro (Paris, France, https://research.pasteur.fr/fr/team/group-roberto-toro/)
Contexte

Les troubles du spectre autistique (TSA) concernent plus d’une personne sur 100 et sont devenus une préoccupation prioritaire tant en santé publique qu’en recherche scientifique. Le terme “spectre” exprime l’extrême hétérogénéité de la présentation clinique des TSA, tant sur le plan comportemental et intellectuel que sur celui des comorbidités associées.

Les sciences cognitives et la psychologie expérimentale ont mis en évidence de nombreuses particularités cognitives et perceptives du TSA, particularités qui se combinent diversement, constituant un spectre complexe de phénotypes cognitifs. Or, cette pluralité complique les paradigmes expérimentaux classiques : en effet, les échantillons restreints (entre 15 et 30 sujets par étude) et les biais de sélection (majoritairement, les participants aux recherches sont “de haut niveau”, sans difficultés majeures de langage et de comportement) expliquent bien pourquoi, malgré l’imposant nombre de publications annuel (plus de 35000), les études scientifiques se contredisent régulièrement.

Par ailleurs, il apparait que plusieurs des spécificités perceptivo-cognitives des TSA peuvent être décrites tant en termes de déficits qu’en termes d’hypercompétences, suivant l’angle avec lesquels on les étudie (et le degré de normativité implicite des auteurs). Or, les modèles proposés sont, à de rares exceptions près, centrés sur les déficits uniquement, ce qui en fait à nos yeux des modèles incomplets et peu propices à des applications translationnelles efficaces.