Soirée destinée aux décideurs, journalistes, mécènes, scientifiques, libristes, citoyennes et citoyens qui souhaitent s’informer, réfléchir et agir concrètement pour le développement d’un espace numérique européen souverain et résilient aux perturbations géopolitiques
Soirée organisée par l’Institut des Systèmes Complexes de Paris Île-de-France (CNRS) avec le concours de la Fondation INRIA au TOTEM, 11 Place Nationale, Paris 13ème le Mardi 20 Janvier 2026, 18h30
Programme de la soirée version PDF
Organisateur : David Chavalarias, ISC-PIF.
Comité de programme : Anne Bellon, Jean Cattan, David Chavalarias, Céline Danion, Benoît Piédallu, Matti Schneider, Benjamin Sonntag-King, Henri Verdier
Comité d’organisation : Francesca Barbieri, Véronique Lautier, Franck Leclercq, Thierry Savy.

Modérateurs
Jean Cattan, ancien Secrétaire général du Conseil national du numérique
David Chavalarias, DR CNRS, Directeur de l’ISC-PIF
Henri Verdier, Directeur Général de la Fondation INRIA, ancien Ambassadeur pour le numérique
Les Intervenants par ordre d’intervention
Géopolitique en 2026 : le retour de la loi du plus fort ?
Bouleversements géopolitiques de 2025 et infrastructures numériques. Vulnérabilités de l’Europe face au “stack autoritaire” et perspectives pour 2026.
Modérateur : David Chavalarias, Directeur de l’Institut des Systèmes Complexes de Paris ÎdF, DR CNRS.
Nicolas Guillou, juge à la Cour pénale internationale, L’impact des sanctions numériques et les risques pour l’État de droit
« Nous devons trouver le chemin de la souveraineté numérique, c’est aujourd’hui une condition de l’État de droit au niveau national et au niveau international. »
Le juge Nicolas Guillou, avant d’être élu juge à la Cour pénale internationale, a été juge de la mise en état aux Chambres spécialisées pour le Kosovo pendant quatre ans. Auparavant, il a travaillé comme chef de cabinet de la Présidente du Tribunal spécial pour le Liban (2015‑2019) et magistrat de liaison auprès du Département de la justice américain (2012-2015) où il était chargé de faciliter l’entraide judiciaire dans des affaires pénales et civiles.
Entre 2006 et 2012, le juge Guillou a occupé plusieurs postes au Ministère français de la justice, d’abord adjoint au chef du bureau du droit commercial, et ensuite conseiller pour les affaires pénales puis conseiller diplomatique du ministre. Il a commencé sa carrière comme juge d’instruction.
Le juge Guillou est titulaire d’un diplôme de troisième cycle en droit pénal international et européen de l’Université de la Sorbonne. Il est diplômé de l’École nationale de la magistrature, où il enseigne et gère des programmes de formation en matière de justice internationale à l’intention de juges
« L’enjeu est de faire de deuil d’un monde qui n’existe plus, celui d’un certain type de relations économiques, politiques géopolitiques » avec les États-Unis. »
Robin Berjon, Supramundane Agency, « De l’usage démocratique des protocoles »
« L’Internet se comprend mieux avec des outils d’analyse politique qu’avec des outils d’analyse technique »
Robin Berjon est un technologue spécialisé dans la gouvernance des technologies. Son travail porte sur la souveraineté numérique, les rapports de pouvoir dans la sphère numérique et l’instauration de la démocratie sur Internet. Il est principal de la Supramundane Agency, directeur adjoint de la fondation IPFS, et Senior Fellow à la fois au Future of Technology Institute et au réseau Public AI.
Auparavant, il a été vice-président en charge de la gouvernance des données au New York Times, où il a travaillé sur la stratégie des données et la protection de l’indépendance des médias, ainsi que vice-président du conseil d’administration du World Wide Web Consortium (W3C).
La régulation est-elle suffisante face à la loi du plus fort ?
Postures de la France et de l’Europe face à la Big Tech et attitude de la BigTech
Modérateur : Jean Cattan, ancien Secrétaire général du Conseil national du numérique
Sydney Wheeler, Open Terms Archive, De l’espoir dans l’indignité : les conditions d’utilisation comme marqueurs d’efficacité règlementaire
« L’État de droit peut apporter des réponses pour protéger les utilisateurs des abus des plateformes l’alternative étant la démonstration de force, ce que fait actuellement l’administration Trump en traitant ces sujets comme des enjeux de sécurité nationale plutôt que comme des enjeux de droit des utilisateurs et de protection des données personnelles. »
Sydney Wheeler,
Anne Bellon, Maîtresse de Conférence à l’Université Technologique de Compiègne, Les procès des GAFAM aux USA
« Un des moments clés du procès Google c’est l’audit du PageRank [..] qui a démontré comment plusieurs éléments du code correspondaient à des abus en termes de droit »
Anne Bellon est docteure en science politique et chercheuse au laboratoire COSTECH, où elle travaille sur les politiques numériques, la régulation des plateformes numériques, l’histoire de l’internet et la transformation de l’État face à la numérisation. Ses recherches explorent comment l’action publique s’adapte — ou tente de s’adapter — à un écosystème numérique marqué par la domination des grandes plateformes et par des enjeux de démocratie en ligne, de mobilisation numérique et de gouvernance algorithmique. Elle est l’autrice de L’État et la toile. Des politiques de l’internet à la numérisation de l’action publique (Éditions du Croquant, 2023), une enquête socio‑historique analysant les liens entre l’État, l’Internet, et la transformation de l’action publique à travers la montée du numérique. Un ouvrage qui offre une perspective innovante sur la gouvernance de l’internet depuis l’intérieur des institutions publiques.
Fiona Scott Morton, Professor of Economics, Yale School of Management, Quels types de régulation pour contrer les monopoles de la BigTech ?
« The Digital economy that we have now is distorted in two ways, one on the commercial competition side by heavy concentration and dominant platforms that exercise market power and also by harmful content on the social side. »
Fiona M. Scott Morton est Senior Fellow à Bruegel. Elle est spécialisée en organisation industrielle.
Elle mène des travaux empiriques sur la concurrence. Les thèmes de ses recherches actuelles portent sur l’économie de l’application du droit de la concurrence et sur la concurrence dans les marchés de la santé.
Elle est également professeure Theodore Nierenberg d’économie à la Yale University School of Management (SOM). À Yale SOM, elle enseigne actuellement l’économie de la concurrence et, à la Yale Law School, le droit de la concurrence (antitrust). En 2011-2012, elle a occupé le poste de Deputy Assistant Attorney General for Economic Analysis (économiste en chef) à la division antitrust du Department of Justice des États-Unis, où elle a contribué à l’application des lois antitrust du pays. Elle a été doyenne associée à Yale de 2007 à 2010 et a reçu à trois reprises le prix d’excellence en enseignement de Yale. Elle a fondé et dirige le Thurman Arnold Project à Yale, une initiative visant à renforcer la formation et les activités en matière de politique de la concurrence auprès des étudiants de Yale et de la communauté de la concurrence au sens large. Fiona est titulaire d’un doctorat en économie du MIT.
Résilience et innovation européenne : maintenant ou jamais, avec et pour les citoyens
Les solutions complémentaires à la régulation, initiatives en cours et perspectives
Modérateur : Henri Verdier, Directeur Général de la Fondation INRIA, ancien Ambassadeur pour le numérique
Mike Bracken, funding partner at Public Digital, Why a strong inter-operable platforms and protocols, is the best way to achieve national and European digital sovereignty ?
« There has never been a more important time than now to get this right […] we have to develop quicky the sens of digital sovereignty »
« There is a new world order emerging and values based on interoperability will replace much of the international plateform business approach »
Mike Bracken est associé fondateur de Public Digital, un cabinet de conseil en transformation numérique destiné aux institutions à vocation publique. Il a été fondateur et directeur exécutif du Government Digital Service (GDS) du Royaume-Uni et premier directeur des données du gouvernement britannique.
Mike Bracken est partisan d’un marché dynamique et concurrentiel des services publics numériques, reposant sur des plateformes et des protocoles interopérables solides, meilleur moyen d’atteindre la souveraineté numérique nationale et européenne, plutôt que de posséder l’ensemble de la stack technologique.
Mike Bracken is a founding partner at Public Digital, a digital change consultancy for institutions with a public mission. He was the founder and executive director of the UK Government Digital Service (GDS) and the UK’s first Government Chief Data Officer.
Mike will propose that a vibrant, competitive market for digital public services, resting on strong inter-operable platforms and protocols, is the best way to achieve national and European digital sovereignty, as opposed to owning the entire technology stack.
Benoît Piédallu, Chef de projet national des services numériques partagés à la Direction du Numérique pour l’Éducation du Ministère de l’Éducation Nationale – Fournir des Communs Numériques aux agents publics : un exemple au ministère de l’éducation
« Quand AWS ou Azure tombera, la communauté éducative peut ne plus du tout s’en apercevoir »
Benoît Piédallu est chef de projet national Services Numériques Partagés à la Direction du numérique pour l’éducation au Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, où il pilote le développement et la coordination d’une plateforme nationale de services numériques destinée aux agents du ministère (enseignants et personnels administratifs), afin de faciliter leur travail quotidien avec des outils collaboratifs, de stockage cloud et de communication en ligne.
Ancien développeur logiciel engagé dans les technologies libres et les communs numériques, il met l’accent sur des solutions respectueuses des données personnelles et sur l’intégration de services souverains au sein des outils numériques éducatifs.
Sous sa responsabilité, la plateforme apps.education.fr a été déployée à l’échelle nationale pour offrir un ensemble de services essentiels à plus d’un million d’agents, avec pour objectif de garantir la continuité des données tout au long de la carrière des utilisateurs et de favoriser l’égalité d’accès entre académies.
Il intervient également dans des événements et conférences autour du numérique éducatif, notamment sur les enjeux liés à l’intégration de technologies comme l’intelligence artificielle dans l’éducation.
Julie Ripa, Directrice des finances et partenariats de La Suite Numérique & Intrapreneure Tchap, La Suite Numérique : l’Open Source et la souveraineté numérique au cœur de la collaboration quotidienne des agents publics
« La souveraineté numérique n’est plus un luxe, c’est une nécessité […] Il ne s’agit pas seulement de lignes de code, mais aussi de lignes de sens, et notre travail est au service du bien public, pas seulement du secteur public. »
« LaSuite est made in Europe : on travaille avec l’Allemagne et les Pays-Bas sur les mêmes briques open source : on s’est rendus compte qu’on avait tous la même stratégie de sortie des dépendances aux outils américains donc on regroupe nos forces »
Julie Ripa est membre du comité de direction de La Suite Numérique et Intrapreneure de Tchap à la Direction Interministérielle du Numérique (DINUM). Ancienne élève de l’Ecole Polytechnique et administratrice INSEE, elle plonge dans le numérique il y a 4 ans en rejoignant l’Incubateur de l’ANCT et ensuite la DINUM. Aujourd’hui, elle travaille au développement de solutions numériques souveraines, ouvertes et interopérables pour renforcer la résilience et l’autonomie numérique de l’État. Elle passe également beaucoup d’heures par semaine à courir pour préparer des marathons !
Emmanuelle Roux, conseillère du directeur général de l’IGN, Que proposer face à Google Map ? L’exemple de la collaboration IGN – OpenStreetmap
« Face au petit bonhomme jaune de Streetview, comment l’IGN et OpenStreet Map peuvent proposer une alternative, et cette alternative, c’est Panoramax »
« Panoramax, comme c’est un commun qui s’est construit avec OpenStreetMap. C’est un projet qui n’est pas seulement français mais directement international et qui a tout de suite trouvé des usages au-delà de nos frontières parce que, j’en suis intimement convaincue, la manière de représenter nos territoires est un besoin absolument universel. »
Emmanuelle Roux est conseillère du directeur général de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), l’établissement public français en charge de la production et de la diffusion des données géographiques nationales. Elle accompagne les orientations stratégiques et opérationnelles de l’IGN, en particulier sur les enjeux numériques, la politique des données et les relations institutionnelles. Elle possède une expertise en gestion de projets publics, en politiques publiques du numérique et en gouvernance des données géospatiales.
David Chavalarias, ISC-PIF, CNRS, Libre circulation numérique et portabilité effective des données : OpenPortability comme « GPS Social »
» Sachant que les démocraties vont là où leur opinion publique les mène et quand vous maîtrisez les réseaux sociaux, vous avez un certain pouvoir. »
« On a plus besoin de se poser la question dois-je être sur X, BlueSky ou Mastodon ? Comment faire pour être trouvé ? ça c’est l’ancien monde qui vous rendait captif et vous enfermait dans un coin du web [..] Aujourd’hui, on a les technologies pour fusionner les données de X, BlueSky, Mastodon, Facebook, LinkedIn dans une seule représentation globale du monde, […] une vue en surplomb qui permet de rendre plus lisible le web social. »
David Chavalarias est directeur de recherche au CNRS et dirige l’Institut des Systèmes Complexes Paris Île‑de‑France (ISC‑PIF), où il conduit des travaux interdisciplinaires sur les dynamiques sociales, les réseaux numériques et l’impact des plateformes sur le débat public. Il est notamment à l’origine du projet OpenPortability, une initiative de science ouverte visant à analyser la reconfiguration des communautés en ligne et à faciliter la portabilité entre réseaux sociaux, tout en soutenant la recherche sur les transformations des espaces informationnels. Il est l’auteur de Toxic Data – Comment les réseaux manipulent nos opinions (Flammarion 2022) et Elon Musk en 50 Tweets (Seuil 2025)
Voir le site internet
Benjamin Sonntag-King, Quadrature du Net, Co-héberger un écosystème numérique, un changement de paradigme ? Exemple avec Mastodon et le Fediverse
Avec Mastodon, « quand on a l’inverse de Twitter ou de Facebook, on n’a pas besoin de tracker nos utilisateurs, on n’a pas besoin de gérer une régie publicitaire intégralement, et les coût n’ont rien à voir : 1€ par compte et par an, modération comprise ! »
Benjamin Sonntag‑King est un ingénieur, développeur de logiciels libres et entrepreneur français, connu comme fondateur et dirigeant d’Octopuce, une société d’hébergement et d’infogérance de serveurs sur mesure basée à Paris. Il est également cofondateur de La Quadrature du Net, association de défense des libertés numériques, et s’engage depuis longtemps pour un Internet plus ouvert, respectueux des données personnelles et des logiciels libres. Son expertise couvre l’ingénierie système, la sécurité réseau, l’hébergement et les services Internet pour organisations et communautés.
Henri Verdier, Directeur Général de la Fondation INRIA, Les communs numériques comme levier de souveraineté démocratique
« Une grosse erreur que pourrait faire l’Europe, c’est de courir la mauvaise course contre les États-Unis. Il faut courir la bonne course et la bonne course doit être européenne […] Il y a un chemin de souveraineté, non seulement de souveraineté mais de rayonnement et de coopération qui n’est pas si difficile finalement »
Henri Verdier est directeur interministériel du numérique et du système d’information de l’État français et administrateur général des données (AGD), puis, à partir d’octobre 2025, ambassadeur pour le numérique. Il est depuis décembre 2025 directeur général de la fondation Inria.
Ancien élève de l’École normale supérieure, Henri Verdier a fondé et dirigé la société Odile Jacob Multimédia. En 2007, il a rejoint Lagardère Active comme directeur chargé de l’innovation, puis en 2009 l’Institut Télécom comme directeur de la prospective, créant le Think Tank « Futur numérique ». Il a ensuite cofondé MFG-Labs, qu’il a quitté en 2012 avant son acquisition par Havas Media en 2013.
Membre fondateur du pôle de compétitivité Cap Digital, il en a été vice-président de 2006 à 2008 puis président du conseil d’administration jusqu’en janvier 2013. Il a dirigé Etalab à partir de janvier 2013, développant la nouvelle version du portail d’open data « data.gouv.fr », premier portail au monde à intégrer les données et réutilisations citoyennes.
Il a également été membre du conseil scientifique de l’Institut Mines-Télécom et des comités de prospective de l’ARCEP et de la CNIL. En septembre 2014, il a été nommé administrateur général des données, puis, en septembre 2015, directeur interministériel du numérique et du système d’information de l’État. En novembre 2018, il a été nommé ambassadeur pour le numérique.
Gregory Fabre, Granite.host, administrateur de Nothing 2 Hide, Le réveil des ONG face aux risques du numérique
Les ONG qui défendent les droits de l’Homme « sont en train de vivre ce qu’on appelle un changement de modèle de menace […] et sont en train de tout rapatrier » pour ne plus utiliser les services US.
Grégory Fabre est un professionnel des technologies de l’information et du numérique, éditeur d’un Cloud hébergé en France. Il intervient comme conseil en cybersécurité pour les PME et RSSI en temps partagé pour plusieurs entreprises, combinant expertise technique, gouvernance des systèmes et sécurité des données. Il est également administrateur de Nothing 2 Hide.
Céline Danion, consultante indépendante en projet culturel, De nombreux acteurs de la société civile prêts à s’engager… s’ils savent comment faire
« Pour entrer dans la transformation numérique dont on parle, on va avoir besoin de monde. La culture représente 660 000 emplois en France mais tous ces acteurs sont prisonniers numériques. Et pourtant, il y a là une masse de monde engagée sur les même valeurs, avec les même aspirations, mais qui n’ont aucun moyen financier et aucun moyen humain s’ils ne sont pas aidés. »
Céline Danion est consultante indépendante en politiques culturelles, numériques et d’action publique, avec plus de quinze ans d’expérience. Elle a été conseillère auprès de la ministre de la Culture, notamment en charge de l’accès à la culture et de la lecture, et a exercé des responsabilités d’administration de lieux culturels. Elle accompagne aujourd’hui des projets culturels et publics, apporte son expertise en analyse, définition de stratégies et mise en œuvre opérationnelle auprès de collectivités et porteurs de projets en France et à l’international, et a co‑signé des publications sur la politique culturelle et l’action publique.
Lou Welgryn, Secrétaire générale de Data for Good, Les solidarités de la Tech face à la BigTech
« Mettre le numérique au service de l’intérêt général c’est aussi lutter contre la manière dont il nous est imposé aujourd’hui »
Lou Welgryn est une spécialiste française des enjeux climatiques, de la tech responsable et de la transition écologique dans le numérique. Elle est Secrétaire générale de l’association Data for Good, une communauté de plusieurs milliers d’experts de la tech bénévoles qui mettent leurs compétences au service de projets d’intérêt général, notamment sociaux et environnementaux, et co‑fondatrice du collectif Éclaircies. Elle travaille également comme directrice de produit chez Carbon4 Finance, cabinet de conseil en stratégie bas carbone, et s’investit dans des projets comme carbonbombs.org qui cartographient les plus grands sites d’extraction d’énergies fossiles dans le monde. Lou Welgryn est diplômée de l’ESSEC avec un double master en entrepreneuriat social et en analyse des données et est régulièrement invitée à intervenir sur les intersections entre numérique, climat et responsabilité technologique.
Le temps de l’action
Moins d’un an après l’investiture de Donald Trump, la publication de la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis ne laisse plus aucun doute sur le choix que l’administration Trump réserve aux démocraties du vieux continent : prêter allégeance ou subir un changement de régime politique.
Pour l’imposer, point besoin d’invasion. D’un côté, les pressions sur nos institutions et dirigeants : perspective de retrait du soutien militaire des U.S.A à l’OTAN, tarifs douaniers prohibitifs et interruption de services numériques stratégiques, interdiction de visa sont autant de menaces visant à imposer les nouveaux desiderata des États-Unis, dont en premier lieu la non régulation de la tech américaine. « Nous n’aurons d’autre choix que de commencer à utiliser tous les moyens à notre disposition pour contrer ces mesures déraisonnables » déclarait ainsi Bureau du représentant américain au Commerce le 16 décembre 2025 face aux velléités de régulation européenne.
De l’autre, une modulation du débat politico-sociétal en Europe rendue possible précisément par l’instrumentalisation d’infrastructures sociales numériques non régulées. Par définition les démocraties vont là où leur opinion publique les dirigent. Dans ce cadre, les technologies informationnelles non régulées (réseaux sociaux et IA) sont en passe de devenir l’une des principales armes de l’administration Trump pour influencer à distance les opinions publiques européennes et, comme annoncé, « cultiver la résistance à la trajectoire actuelle de l’Europe au sein des nations européennes ».
Les grandes plateformes numériques sont donc au cœur de la nouvelle donne géopolitique : à la fois moyens de pression sur les dirigeants et outils d’influence des populations. Entre soumission et émancipation, cette soirée donne un panorama des enjeux autour de ces infrastructures transnationales et analyse les dilemmes et opportunités qui s’offrent à l’Europe en termes de stratégie numérique et informationnelle.
“Une démocratie peut facilement s’effondrer. Tout ce que vous avez à faire … c’est de ne rien faire” nous rappelait déjà en 2020 un deepfake provocateur de Kim Jong-un.
Souhaitons-nous ne rien faire ?
David Chavalarias, CNRS CAMS/EHESS
8 Janvier 2026
Les Américains n’ont pas su écouter Kim Jong-un en 2020, en sera-t-il de même des Européens en 2026 ?
Vidéo de sensibilisation de RepresentUS, 2020






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